Il était une fois un petit lion nommé Léo. Léo avait une crinière orange tout ébouriffée, comme un gros nuage de laine, et une petite truffe noire qui bougeait tout le temps pour renifler les bonnes odeurs autour de lui.
Léo aimait courir dans les herbes hautes qui faisaient chatouille-chatouille sur le ventre. Il aimait faire des concours de rugissements, même si son cri ressemblait plus à un petit « Aouh ! » qu'à un grand « ROAAR ! ». Et surtout, il adorait la lumière : la lumière jaune du soleil, la lumière orange du matin, et même la douce lumière de la lune.
Mais Léo avait un petit secret. Il avait peur du noir. Pour lui, quand la lumière disparaissait, le monde semblait devenir immense et mystérieux.
Un bel après-midi, Léo jouait avec son amie Mia la biche dans la grande prairie, au pied de la montagne. Le soleil était chaud, l'herbe sentait bon et Mia faisait voler son magnifique cerf-volant rouge. Swoush, swoush, swoush !
« Regarde Léo, il monte encore plus haut ! » criait Mia en courant, les yeux levés vers les nuages.
Soudain… Vlan ! Une grande rafale de vent souffla. Le cerf-volant fit trois tours sur lui-même, virevolte, virevolte, virevolte, et fila tout droit vers la grotte sombre au pied de la montagne. Pouf ! Il disparut dans le noir.
Mia s'arrêta net de courir. Ses longues oreilles tombèrent de tristesse. « Oh non... mon beau cerf-volant est tombé dans la grotte. »
Elle s'approcha de l'entrée de la grotte. Mais dès qu'elle posa une patte sur les pierres mouillées… Slip ! Elle glissa.
Léo la rattrapa juste à temps. « Ouf ! »
Mia regarda ses fines pattes. « Je n'y arriverai jamais… » dit-elle tristement. Puis elle leva les yeux vers Léo. « Tu veux bien aller le chercher pour moi ? »
Léo regarda l'entrée de la grotte. Elle ressemblait à une grande porte ouverte sur un couloir tout noir. Son petit cœur faisait : Boom-boom, boom-boom. Il avait très peur.
Il posa une patte devant lui. Puis il la retira. Il regarda Mia. Mia lui fit un petit sourire. Alors Léo prit une grande respiration. Et il entra dans la grotte.
À l'intérieur, l'air était frais. Ça sentait la pierre mouillée. Le silence était étrange. On n'entendait plus les oiseaux. On n'entendait plus le vent. Seulement un petit bruit au loin : Ploc… ploc… ploc
Léo s'immobilisa. Son imagination se mit aussitôt à fabriquer un énorme monstre, avec des dents pointues et des yeux rouges, qui l'attendait dans l'ombre. Il avançait doucement. Très doucement. Quand il arriva enfin près du bruit… Ploc !
Une minuscule goutte d'eau tomba du plafond dans une flaque. Léo resta surpris. Puis il éclata de rire. « C'était juste une goutte d'eau ! » Son cœur battait déjà un peu moins vite.
Léo continua d'avancer. Le tunnel tournait. La lumière du jour avait disparu derrière lui.
Soudain, sur le mur de pierre, il vit une silhouette immense ! Des grandes oreilles. Une énorme crinière. Des pattes gigantesques.
Léo fit un bond en arrière. Son cœur repartit de plus belle. Puis… Il leva doucement une patte. La silhouette leva sa patte. Il remua la queue. La silhouette remua la queue.
Léo ouvrit grand les yeux. « Mais... c'est mon ombre ! » comprit Léo, soulagé. Une toute petite lumière passait par une fissure dans la roche et dessinait son ombre sur le mur.
Léo se mit à rire. Cette fois, il continua d'avancer sans s'arrêter.
Enfin, il arriva tout au fond de la grotte. Et là, Léo s'arrêta, les yeux grands ouverts et la bouche grande ouverte de surprise. Ce n'était pas noir du tout !
Sur les murs et sur le plafond, partout, il y avait des centaines et des centaines de petites lumières. Des lumières bleues, des lumières vertes, qui clignotaient doucement, comme si la grotte respirait. Clic. Clic. Clic. On aurait dit que les étoiles étaient descendues du ciel pour se cacher là.
C'étaient des lucioles. Léo tendit doucement la patte. Une petite luciole s'y posa. Elle brillait d'un joli vert.
Et là, sous les lucioles, posé sur le sol, se trouvait le cerf-volant de Mia. Ses rubans rouges brillaient sous les lucioles. Léo attrapa délicatement le ruban entre ses dents. Il l'avait retrouvé !
Le chemin du retour lui sembla beaucoup plus court. Quand il sortit enfin de la grotte, le soleil de la fin d'après-midi l'éblouit. Mia l'attendait en sautant partout de joie. « Tu l'as retrouvé ! »
Elle serra très fort son cerf-volant contre elle. « Merci, Léo ! »
Léo sentit son ventre tout chaud. Il était fier d'avoir aidé son amie.
Ce soir-là, en allant se coucher, Léo ne demanda pas de petite veilleuse. Il se glissa sous sa couverture. Ferma doucement les yeux. Il pensa encore à toutes ces lucioles qui brillaient dans la grotte. Puis il s'endormit en souriant.